Les 6 péchés capitaux de la régimeuse – Partie 5 : La frustration

Poire et balance

Ah les régimes… Avoir d’avoir vécu l’envie, l’impatience, la tentation, la culpabilité, on ne sait pas vraiment ce qu’on aura à gérer. Finalement, plus qu’un combat contre le poids, c’est une guerre contre nos nerfs que nous menons. Et ils n’ont pas fini de nous en faire des vertes et des pas mûres (de poire bien sûr). Après tout ça, il reste l’un des pires sentiments à gérer, un péché qui sonne comme une peine capital : la frustration.

Partie 5 : La frustration

Les bonnes résolutions prises, la motivation trouvée, démarre un processus d’attention continuelle à ce que tu manges pour arriver à un seul but : mincir. Et lorsqu’il s’agit de mincir, on a toutes tendance à vouloir obtenir des résultats significatifs pour garder notre motivation. Et c’est normal. Mais finalement, cela peut vite tourner à l’obsession du poids affiché sur la balance.

Tu commences ton régime avec ton poids de base en tête et ton seul objectif est évidemment de voir ce nombre de kilos s’amenuiser au fil du temps. Du coup, quand arrive le moment de la pesée, tu développes une sorte de stress : « combien vais-je avoir perdu ? », « ai-je seulement perdu ? ». Et lorsque la baisse n’est pas à la mesure de tes attentes, tu déprimes : « Quoi, j’ai perdu 100g en deux semaines ? Tous ces efforts pour rien ? Et merde, j’vais m’enfiler une tablette de chocolat, fait chier ! T’façon ça sert à rien. J’y arriverai jamais ! ». Dans ta tête, ça fuse, tu fulmines, tu ne comprends pas, tu es déçue, triste et frustrée. Oui, frustrée d’avoir fourni tous ces efforts qui ne te donnent pas l’impression de payer.

Mais à ce moment, tu oublies plusieurs choses : d’abord, tu t’es peut-être pesée en fin de journée alors que tu avais mangé et pas encore éliminé ; ensuite, tu fais du sport et tu as probablement affiné ton corps même si le poids ne change pas, tu as créé de la masse musculaire en fait ; enfin tu es peut-être déjà arrivé au poids qui était en accord avec ta morphologie et perdre plus serait non seulement très difficile mais surtout extrêmement dangereux.

Mon conseil : Plutôt que de regarder le chiffre sur cette foutue balance, regarde comment tu te sens dans tes vêtements, ou compare ton tour de taille, de cuisses, de bras avec les références que tu as pris en début de régime. Mincir, ce n’est pas toujours perdre du poids, c’est aussi et surtout s’affiner. Et quand on s’affine, on ne voit pas toujours un chiffre plus faible sur la balance, on voit surtout une silhouette plus élancée. ET c’est bien ce qui compte finalement.

Si tu es comme moi, tu peux aussi tomber dans un autre travers et ainsi développer une sorte de relation fusionnelle extrêmement toxique avec ta balance. Au début de mon régime, je me pesais une fois par semaine. C’est vraiment ce qu’il faut faire et même si parfois les résultats ne sont pas au rendez-vous comme plus haut, tant pis, il faut tenir. Il n’y a pas de baguette magique ni de perte constante. Le rythme peut accélérer ou ralentir, qu’importe il faut le garder.

Puis, j’ai dérapé au point de me peser quotidiennement. Tous les matins, j’avais mon petit rituel de la balance et ce peut important ce que j’avais pu faire ou manger la veille. Je me levais, me mettais complètement nue, et je montais deux à trois fois sur la balance pour voir si le même chiffre apparaissait à chaque fois.

Grave erreur. Je pleurai comme une madeleine quand je voyais une variation de 100g sur la balance alors que je n’avais pas totalement terminé ma digestion ou que j’avais mangé des pâtes la veille. J’étais frustrée, stressée, et même si je savais que ce que je faisais était extrêmement mal, même si j’essayais de me rassurer en pensant à ma digestion future, en me disant que ce serait perdu le lendemain, j’étais mal.

Le pire ? Je ne pouvais pas m’arrêter. Je savais que cette pesée quotidienne était une pure ineptie mais j’étais complètement addict. Une vraie junkie tous les matins. Après l’addiction à la nourriture, celle à la balance. Mais bon, je le sais : j’ai une tendance assez obsessionnelle quand je démarre quelque chose, c’est comme ça. Aujourd’hui, j’ai quelques fois des revivals de cette obsession mais ça va mieux.

Comment je me suis désintoxiquée ? Tout bêtement finalement … Quand je n’ai plus eu de pile dans ma balance saignée aux quatre veines par mon stepper quotidien, je me suis forcée à ne pas en racheter. J’ai arrêté de me peser tous les matins et je ne me pèse plus qu’une fois par semaine quand je vais chez mon copain. Il est par contre vrai, qu’aujourd’hui, je suis stressée quand je ne me pèse pas au moins une fois par semaine. Ca me rassure ou alors ça me met une claque, ça dépend.

Il y aussi d’autres moments de frustrations intenses. Comme je vous l’ai dit , j’ai toujours été en surpoids voire obèse et ce d’aussi loin que je me souvienne. Puis, j’ai perdu, puis regrossi, puis reperdu. Et aujourd’hui, je suis dans une pente stable de perte de poids. Mais voilà, si les autres voient mon amincissement de manière flagrante, si ma balance me l’indique, si mes vêtements me le démontrent, c’est plus fort que moi : je n’arrive pas y croire. Je le sais mais je ne le vois pas. J’ai toujours cette impression d’être énorme. Finalement, c’est assez atroce de ne pas se voir mincir. On a l’impression d’être coincée dans le corps d’une autre, dans un passé pas très agréable. C’est comme si on ne se voyait pas, comme si notre cerveau refusait d’imprimer l’évolution, comme si c’était trop beau pour y croire vraiment.

Le seul moment où j’en prends un peu conscience, c’est quand je regarde des photos. Parce que j’ai l’impression de ne pas voir mon image, ou peut-être de ne pas me voir au travers de mes yeux : je vois une autre fille sur la photo et je me dis qu’elle est quand même mieux qu’avant, qu’elle a minci et que ça lui va bien.

Mon conseil : prenez des photos avant/après. Pas pour les réseaux sociaux, ça on s’en balance ! Mais pour vous ! Pour voir vos évolutions. Pour en prendre conscience. Pour vous aimer. Et pour mesurer le chemin parcouru.

Et puis, il y a enfin cet autre trouble qui constitue une bonne source de frustration : celui d’être dans l’entre-deux ! De n’être plus vraiment grosse, mais pas vraiment mince. Un peu plus en forme, mais toujours flasque. Et du coup, on fixe chacun de nos moindres défauts, on pointe chacun de nos complexes et on en fait une obsession telle qu’on a l’impression qu’ils sont encore pire qu’avant. Moi par exemple, je hais mes mollets. Je les trouve énormes, on dirait des mollets de rugbymen. Ils se sont évidemment affinés en même temps que le reste de mon corps. Mais, pour moi, dans ma petite tête de linotte, ils sont encore plus gros qu’avant. On n’a absolument plus aucune objectivité quand on se regarde dans un miroir à ce moment-là. Et le danger est encore une fois réel. Même si je n’en suis pas à ce point du tout, j’ai conscience que si je n’arrive pas évoluer sur ce point, je pourrai m’en rendre malade. Et ce n’est absolument pas le but !

Un conseil pour NOUS : Arrêtons de faire une fixette et de nous appesantir sur le chemin qu’il reste à parcourir avant de voir celui que nous avons déjà parcouru. Faisons une pause, respirons et regardons les progrès plutôt que les objectifs juste un instant. De temps en temps, ça fait du bien je pense !

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s